Author: admin8140

C’était quand la dernière fois ?

« C’était quand la dernière fois qu’on a autant ri au théâtre ? » pourrait servir de préambule à ce coup de cœur !
En effet, la pièce d’Emmanuel Robert-Espalieu est une vraie pépite de drôlerie vacharde, rythmée par une mise en scène au couteau (si on peut dire) et des comédiens survoltés.

Un couple est tranquillement dans son appartement et vaque comme tant d’autres à ses occupations quotidiennes, lorsque la femme, l’air détaché et sur un ton délicieusement calme annonce à son mari « je t’ai empoisonné ».
S’en suit une cascade de péripéties à la fois burlesques et noires. Cette mort imminente est évidemment un prétexte pour faire ressortir le passé du couple, les non-dits, les rancœurs et regrets. L’absurde est de mise et on sent que l’auteur a été biberonné à Ionesco ou à Beckett sans dénigrer pour autant des gags dignes d’un bon boulevard. On pourrait presque penser au Père Noël est une ordure, tant les coups sont bas, mais les rires hauts.

Les deux comédiens sont excellents, avec une mention particulière pour Virginie Hocq qui joue de son corps et emmène son personnage très loin dans la folie ordinaire. Zinedine Soualem est d’une justesse implacable et nous prouve encore son talent pour incarner le fameux « monsieur Tout-le-monde » des Poupées Russes de Klapisch.

Sans prétention, ce spectacle est un bol d’air frais, poil à gratter, et insolent, et nous fera sérieusement vérifier notre verre de vin lors de notre retour au foyer marital…

Au Théâtre Tristan Bernard, jusqu’au 28 avril 2018
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by David

Daimyo, seigneurs de la guerre au Japon

On connaissait le gout des japonais pour concevoir avec un grand raffinement tout ce qui touche à l’apparence des choses. Il suffit d’aller dans un magasin japonais pour acheter un simple paquet de nouilles, et voir que ce dernier est quasiment une oeuvre d’art.

Alors quand il s agit de fabriquer les armures des seigneurs et gouverneurs féodaux – les daimyos – de la grande période d’Edo (1600-1868), cela devient de la haute couture ! C’est à l’exposition Daimyo, seigneurs de la guerre au Japon, du Musée National des Arts Aiatiques (MNAAG) que l’on peut découvrir ces étonnants vêtements.

Chaque tissu est choisi avec un grand soin et associé aux autres matériaux de manière très subtile. Chaque armure est conçu dans son ensemble telle une oeuvre d’art. Un symbole japonais est associé à chaque armure, symbole charmant quelque fois, telles la libellule ou l’abeille, mais surprenant, sur une armure guerrière.

Plumes de paon, os de baleine, pinces de crabe, sont également utilisés, de manière symbolique ou décorative, donnant à chaque armure une personnalité forte, impressionnante, évocatrice.

Pour les amoureux du Japon, de la mode, et des curieux en général !

Daimyo, MNAAG, jusqu’au 13 mai 2018

by Christophe

Ni juge ni soumise

Une juge d’instruction, son bureau, des prévenus et leurs avocats : tels sont les ingrédients du film Ni juge ni soumise.

Si la caméra sort régulièrement pour suivre la juge sur le terrain, le coeur de l’action se situe dans ce petit bureau, confiné, envahi de paperasse. La caméra, la juge, les prévenus et les avocats sont les uns sur les autres, face à face.

C’est en effet là que tout se joue, que le futur des prévenus se dessine. Car Ni juge ni soumise est un documentaire, qui présente des morceaux de vies, dramatiques ou tragiques.

Mais son sujet principal est l’incroyable juge d’instruction, Anne Gruwez, qui conserve dans toutes les situations, le sens de la justice, de la bienveillance et de l’humour.

Rire ou pleurer, on ne sait pas toujours, d’ailleurs…

by Christophe

Les Chiens de Navarre

Paradoxalement, plus notre société occidentale fait l’éloge de la liberté, plus celle-ci semble limitée par les étiquettes et la peur de blesser. La culture n’échappe pas au fameux « politiquement correct ».

Les « Chiens de Navarre » font exception ! Depuis plus de 10 ans, la troupe crée et interprète des spectacles décalés, dérangeants, gentiment anarchistes, méchamment drôles.

Citons pêle-mêle les titres aussi loufoques que leurs contenus « Une raclette », « l’autruche peut mourir d’une crise cardiaque », ou encore « les danseurs ont apprécié la qualité du parquet »…
La provocation n’y est pas gratuite et rime toujours avec poésie absurde, grossièreté sans vulgarité, situations désopilantes. Des spectacles trash qui grattent et qui claquent, en cherchant toujours à faire ressortir par le rire nos pulsions non avouables et nos hontes du quotidien.

Un passage au cinéma l’an dernier avec « Apnée », dont les situations et dialogues rappellent le grand Blier.

Courons donc voir le nouveau spectacle de la troupe « Jusque dans vos bras », qui questionne l’identité française et son histoire… Ça promet !!

By David

Benjamin Clementine

Il y a des moments, assez rares, où, à l’écoute d’un album, on est perdu. Perdu puis troublé. Perdu, troublé, puis émerveillé.

Perdu d’être déstabilisé par un univers musical nouveau, par l’association de sonorités inhabituelles – en l’occurrence le clavecin, une magnifique voix soul, des rythmiques pop, du piano classique.
Troublé de ne pas être en terrain connu, d’être en présence d’un phénomène que l’on ne comprend pas tout de suite, de sentir qu’il se passe quelque chose, avec une voix qui vous transperce.
Emerveillé par un talent fou, une urgence de chanter, une créativité sans barrière.

Le nouvel album de Benjamin Clementine, I Tell a Fly m’a fait cet effet. Et pour ceux qui ne le connaissent pas – dont je faisais partie – ces autres albums sont du même acabit : puissants, uniques, à fleur de peau.

Et il parait que sur scène, il est incroyable….

By Christophe

Dada Africa

Ouverts sur le monde, les dadaïstes l’étaient de manière particulièrement évidente. C’est ce qui est mis en avant à l’exposition Dada Africa au Musée de l’Orangerie où sont présentées les influences extra occidentales sur les artistes du mouvement dada.

Les arts africains, asiatiques et moyens-orientaux ont servis de sources d’inspiration à une époque où la guerre faisait rage et où bons nombres de valeurs occidentales volaient en éclat.

Les arts de ces continents ont permis l’enrichissement de l’art dadaïste et plus généralement celui de l’occident, enrichissement qui ne s’est pas démenti depuis, bien au contraire.

Dada Africa au Musée de l’Orangerie jusqu’au 19 février 2018.

by Christophe

La Dispute (vers 1940), photocollage de Hannah Höch

La Place

Il y a un an, quasiment jour pour jour, un nouveau lieu culturel nait à Paris : La Place.

Avec ses 1 400 m2 au coeur des Halles, entièrement dédiés au hip-hop (avec deux grands H), La Place accueille de nombreux évènements et artistes de toutes les disciplines de cette culture, qui n’a plus à prouver son dynamisme créatif.
Rappeurs, danseurs, DJ’s, beatboxeurs, graffeurs, mais aussi conférenciers et spécialistes nous présentent tous les soirs des événements et concerts.
La Place, ce sont aussi 8 espaces de créations(studios, salles de concerts, de projection de films…) pour que tous les canaux de diffusion, live comme numériques rendent gloire aux acteurs du Hip-Hop.

Courez découvrir ce lieu (public ne l’oublions pas !) et sa culture, bien plus ouverte et riche que les (encore trop nombreux) clichés nous le laissent entendre.
http://laplace.paris/

by MC David

Petit paysan

Ce mois-ci, courons au cinéma découvrir l’excellent premier long-métrage de Hubert Charuel « Petit paysan ».

Le film a pour cadre la vie paysanne et plus particulièrement l’élevage bovin, et le réalisateur (qui en est lui-même issu), nous propose un thriller campagnard original et efficace !

Le héros, jeune paysan solitaire et débordé fait tout pour cacher aux autorités la probable maladie de ses chères vaches… Intrigue simple (largement inspirée par l’affaire de la vache folle), mais résultat haletant, habile, sincère et remarquablement filmé. Les acteurs sont par ailleurs tous excellents, et beaucoup sont des amis et des proches du réalisateur “en herbe”.

Meuh !!!

By David

UP#3 de Lang et Baumann

A l’occasion de son 500e aniversaire, Le Havre a demandé à des plasticiens de créer des sculptures gigantesques dans la ville.

L’oeuvre UP#3 (9.2 × 11.5 × 10 m) de Lang et Baumann est une construction qui fait penser à l’oeuvre de l’Espagnol Chillida mais constituée de lignes droites et blanches. Parce qu’elle est posée au milieu de la plage, la perception que l’on a, évolue au fil de la journée en fonction du soleil, des nuages, de la pluie…

Mystérieuse et énigmatique, l’oeuvre ne laisse pas insensibles les badauds qui la voient de loin, puis qui tournent autour, agréablement surpris par cette présence, puissante et belle.

A découvrir sur la plage du Havre jusqu’au 5 novembre

by Christophe

Ross Lovegrove

Une fois n’est pas coutume, c’est un designer, Ross Lovegrove, que nous mettons à l’honneur dans la culturette. Mais en y regardant de plus près, c’est bien plus qu’un designer, c’est également un artiste, un philosophe, un écologiste ou un poète.
Né en 1958 à Cardiff, Ross Lovegrove est aussi un écologiste – voir un permaculturien (!) – avant l’heure. Sa démarche de designer prend en compte l’ensemble de la chaine de la construction des objets, pour être le plus harmonieux possible et concilier, ce qui souvent ne l’est pas, le beau, l’efficacité et l’économe.

Centre Georges Pompidou jusqu’au 3 juillet 2017.

by Christophe